Superstar, demi-dieu de l’écran, adulé avec une rare ferveur par ses fans, on peut dire que l’acteur indien Rajesh Khanna avait acquis une popularité peu commune au tout début des années 70, en incarnant à l’écran des jeunes hommes romantiques et sensibles dans une série de films à succès. Une gloire si instantanée et si difficile à porter, que l’acteur a très vite perdu le sens des réalités. Victime de sa propre mégalomanie et d’un changement soudain des goûts du public, l’idole des foules a vite perdu son statut de phénomène : un déclin qui lui a peut être sauvé la vie.
Né en 1942 à Amristar, cet orphelin a eu la chance d’être adopté par une famille extrêmement fortunée. Grâce au soutien financier de ses parents, l’acteur tente sa chance à Bombay, en dépit d’une expérience théâtrale des plus ténues. Après avoir gagné un concours de jeunes talents, l’acteur e

Remake d’un mélo de Mitchell Leisen « A chacun son destin » qui valut en 1946 un oscar d’interprétation à Olivia de Havilland, le film est parfaitement convaincant, très bien mis en scène

Rajesh Khanna, insuffle beaucoup de passion à ses 2 personnages. Ses yeux brûlent de désir dans la scène d’amour avec la troublante Sharmila Tagore : On sent une forte tension érotique alors que les personnages ne s’embrassent même pas et restent vêtus ! Sans parler des chansons, toutes magnifiques, dont le succès ne s’est jamais démenti.
(L’acteur est doublé vocalement par Kishore Kumar, dont la voix magnifique colle étonnamment bien à son personnage : il deviendra un de ses doubleurs attitrés). Le triomphe du film va faire de l’acteur un véritable héros, une idole d’une magnitude que le cinéma indien n’avait encore jamais connue : l’acteur devait faire l’objet d’une protection rapprochée, on raconte que sa voiture était couverte de traces de rouge à lèvres laissées par ses fans, que des admiratrices lui adressaient des lettres enflammées écrites avec leur sang…
Les malheureuses devaient se contenter de vivre leur passion par procuration, en se délectant des amours tourmentées de la star avec l’actrice et modèle Anju Mamendu, puis avec la vedette Dimple Kapadia qu’il épousera en 1973. Certaines ne supporteront pas l’idée mêm

Pendant 6 ans, il va enchaîner les succès les uns après les autres en incarnant souvent les héros romanesques au grand cœur, déchirés par le destin. Néanmoins, une étude un peu plus poussée de ses succès situés entre 1970 et 1974 révèle que l’acteur a su aborder des genres les plus divers. The train (1970), par exemple, est une comédie policière bien décevante au scénario vraiment puéril. On en retiendra de kitchissimes chorégraphies (dont les inévitables danses

Sachaa Jutha (le vrai et le faux-1970) est un amusant spécimen de cinéma bis clairement inspiré des films d’espionnage européens de série Z qui pullulaient dans les cinémas de quartier des années 60 (Coplan, Commissaire X ou OSS 117) : Tous les ingrédients y sont, des jingles style James Bond au duel final, de la jolie pépée sophistiquée (Mumtaz) aux décors (la cachette « futuriste » du voleur qui rappelle celle de Fantomas).à la potion magique permettant de « statufier » les invités pour leur voler tranquillement leurs bijoux.
Rajesh Khanna est très bon dans son double rôle, et notamment dans son personnage de gentleman cambrioleur un peu narquois.
Haathi mere saathi (l’éléphant et moi -1971) a l’intérêt d’intégrer à l’éternel triangle sentimental de ce genre de mélos un élément original : un éléphant qui va sauver son maître, au péril de sa vie.
Mais si l’on ne devait re

Comme chez Frank Capra, on assiste à une véritable leçon de vie qui glorifie les joies simples et l’amitié, avec des passages touchants comme ceux où Rajesh aborde des personnes dans la rue qu’il n’a jamais vues, en forçant le destin pour se trouver d’éventuels amis, car il n’a plus le temps d’attendre que la vie fasse les choses.
La scène finale où le

A l’occasion, Rajesh Khanna n’hésite pas à paraître dans des films violents ou patriotiques, en incarnant dans Prem Kahani (1975) un jeune poète, bouleversé par la mort de son frère, décide de prendre les armes et de rejoindre son combat afin de lutter pour l’indépendance de l’Inde : un rôle qui aurait sans doute mieux convenu à Amitabh Bachchan.
Certains passages sont d’une rare cruauté (notamment celui où la junte recherche Rajesh en donnant des grands coups d’épée dans les matelas, pendant que sa belle-sœur étouffe involontairement sa fille en l’empêch

A partir de 1976, le succès de l’acteur commence à rapidement décliner en dépit des critiques élogieuses de la presse sur ses prestations. Comment expliquer qu’après une gloire si fulgurante, l’acteur ait si vite lassé le public indien ? Tout simplement les changements de mode, un goût du public pour des films plus violents, des héros plus vir

On raconte que l’acteur, très prétentieux, était devenu irascible, capricieux et insupportable sur les plateaux. Son incroyable succès lui était monté à la tête et il ne parvenait plus à gérer la situation : il avouera même par la suite avoir tenté de mettre fin à ses jours au volant de sa voiture. Finalement, le déclin de sa carrière va lui sauver la vie. Débarrassé de son encombrant statut d’icône et de demi-Dieu, Rajesh Khanna retrouve le goût de vivre. Dans les années 80, il connaît même encore certains succès au cinéma, bien qu’aucun titre ne puisse se mesurer aux triomphes d’antan.
On retiendra surtout son étonnante prestation dans Red Rose (80) un thriller mâtiné de film d’épouvante très réussi dans son genre. Rajesh Khanna, est parfait dans son rôle de sadique qui colle
