mardi 19 mai 2009

Hrithik Roshan, le danseur magique







portrait réalisé par Jordan White et reproduit ici avec son aimable autorisation


Hrithik Roshan est un acteur médiocre mais un excellent danseur.
Né en 1974 à Mumbaï, il est un fils de la balle comme on dit, son père étant Rakesh Roshan, réalisateur de films hindi depuis la fin des années 80 à qui l'on doit King Uncle, le cultissime nanar Karan Arjun réalisé en 1995 avec Salman Khan, ShahRukh Khan et Kajol, Kaho Na... Pyaar Hai en 2000.
Il a commencé comme nombre de célébrités de Bollywood en tant qu'enfant acteur dans des feuilletons ou séries télé. C'est par la danse qu'il a débuté, puisqu'il y apparaissait à l'aube des années 80 en entamant des pas de danse qui feront sa renommée actuelle.
Les choses commencent sérieusement en 2000 où il joue le rôle principal de Kaho Na....Pyaar Hai, sous la direction de son propre père avec qui il tournera trois fois. Le film assez nul pendant une heure se réveille l'heure suivante pour offrir quelques bonnes séquences d'action; Mais il est un peu flingué par le rôle d'Amisha Patel, sans doute l'une des trois pires actrices du ciné hindi d'aujourd'hui. Sur le plan stylistique, cette oeuvre ô combien désuette dès sa sortie annonce une vague de films qui mettront en scène des héros à double personnalité avec une sorte de fascination pour les séquences de plages, dont le fleuron dans le genre de la comédie grasse sera Har Dil Jo Pyar Karega, massacré par Salman Khan et dans lequel Preity Zinta et Rani Mukerji jouent les pires rôles de potiches de leurs carrières. Le film No Entry saura tristement s'en souvenir en 2005.

Hrithik enchaîne avec Yadeein en 2000 puis Mission Kashmir, dans lequel il retrouve à nouveau Preity Zinta. C'est un film que je n'ai toujours pas vu je n'émettrai donc aucun commentaire.
Mais c'est Kabhi Kushi Khabie Gham ( La famille Indienne) de Karan Johar qui lui ouvre les portes de la célébrité. Il y joue le rôle du frère de Sharukh Khan dont l'amour pour Kajol a été désavoué par le père autoritaire joué par Amitabh Bachchan, qui se met en tête, une fois adulte de recoller les morceaux cassés, et de faire renouer le père et le fils malgré le ressentiment que le premier ressent envers le second, l'un vivant à Londres et l'autre étant resté en Inde.
Le film est un triomphe populaire, et la séquence la plus marquante qu'on gardera de l'acteur est sa participation à la chanson Bole Chudiyan dans laquelle il démontre une agilité et une souplesse hors du commun au niveau de la danse. Il avait déjà montré un aperçu dans You are my soniya, mais c'est celle-ci qui propulse le film vers les sommets que l'on connaît, le tout étant dirigé par la chorégraphe ultra réputée Farah Khan.



Si ces exploits scéniques ne sont plus à démontrer, niveau comédie en revanche ça coince, même s'il arrive de temps en temps à faire croire en ses personnages. Mujhse Dosti Karogi en 2002 est pour lui une récréation dans laquelle il est aux côtés de Rani Mukerjee et Kareena Kapoor, le premier film de cinéma du futur réalisateur de Fanaa, Kunal Kohli.
Comédie pas déplaisante mais très oubliable.

Hrithik est de plus en plus pote avec Salman Khan. Ils sont même quasiment comme culs et chemises. C'est le moment qu'il choisit pour accumuler les pires choix artistiques. Il va alors jouer le même type de héros au coeur pur, bousculé par le méchant monde moderne, en jouant d'un air ahuri qu'il n'a plus quitté depuis. Paradoxalement c'est durant ces films qu'explosent le plus ses talents de danseur. Sauf qu'il en faut plus à mon sens pour en faire un acteur complet, le talent de danseur n'étant pas suffisant si derrière le jeu ne suit pas.
Ca commence avec Koi Mil Gaya, l'ovni SF réalisé en 2003, où il joue l'ami de Jadoo, l'extaterrestre. Difficile d'oublier la scène sous la pluie ( récurrent dans les Bollywood) ou celle durant laquelle il apprend à reproduire trois notes au synthé, pompé à mort sur les trois fameuses notes de musique de Rencontres du troisième type. Le film d'une naïveté désarmante est un succès au BO.

En 2004, il amorce le seul vrai virage de sa carrière avec le rôle difficile de l'officier de l'armée indienne dans Lakshya, deuxième film de Farhan Akhtar qui en tire enfin quelque chose en lui faisant exprimer toute une palette d'émotion. L'acteur ne cabotine pas outre mesure et arrive à tenir la vedette à Amitabh Bachchan, lui par contre un peu à côté de la plaque en comparaison, tandis que Preity Zinta assure sans étinceler. Malgré son sujet sérieux, les chansons sont là et Hrithik ne peut s'empêcher de montrer qu'il est le maître à ce petit jeu.
A ce jour sans problème son meilleur rôle, en même temps pas très dur.

Dernier avatar en date de cette possible trilogie, l'hallucinant Krrish, sorti en 2006, suite directe de Koi Mil Gaya où il reprend son rôle, mais avec cette fois la panoplie du super-héros. Les chorégaphies pesantes et banales ne sauvent en rien la facture du film, et il fait ici le strict minimum, ce qui pourra decevoir les fans du danseur. Il s'y montre mou du genou, sauf lors de la chanson du cirque.
D'un avenant plutôt sympathique ( il n'est pas antipathique au contraire de certains autres acteurs), très joli garçon, au regard vert transperçant, Hrithik Roshan n'a pas encore trouvé de rôle qui mette à la fois son don de danseur élastique et un jeu nuancé en avant. Alors qu'Abhishek Bachchan qui avait commencé sans éclat, a lui su se remettre en question et se retrouve aujourd'hui à tourner avec les plus grands tels Mani Ratnam.
Il s'en tient pour l'instant aux personnages stéréotypés sans y apporter le mordant nécessaire. Un acteur très prévisible et fade.

MON AVIS :
Je pense que les qualités d'acteur de Hritik Roshan ne demandent qu'à s'affirmer. En tous les cas, pour la danse, il est difficilement surpassable.



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