lundi 13 avril 2009

Mark Lester, petit prince des années 60






Si comme moi, vous avez été emballé par le film de Carol Reed Oliver ! Et les fabuleuses chansons de Lionel Bart, toutes plus belles les une que les autres, vous vous êtes peut être interrogé sur le devenir du fragile blondinet qui tenait le rôle principal. Etant donné qu’il s’agit d’un film culte, on n’a pas de mal à trouver des infos et un scoop : Mark Lester, qui avait quitté le cinéma depuis plus de 30 ans pour devenir ostéopathe, va faire son grand retour à l’écran très prochainement. L’occasion de rendre hommage à cet acteur enfant.

Né en 1958, Mark Lester est le fils du producteur Michael Lester. Tout en suivant des études à l’école du spectacle, il fait de la figuration dans les pubs à la télé dès l’âge de 2 ans et tient tout petit différents rôles à la télévision (série the human jungle) avant de faire ses débuts à l’écran à l’âge de 6 ans dans le très drôle Allez France de Robert Dhéry avec Diana Dors(je me souviens notamment d’une scène irrésistible où Colette Brosset doit sauter d’un toit, et du petit coq qui accompagne l’équipe de supporters avant de finir à la casserole). Le rôle de Mark est minuscule et personne ne le remarquera, même chose pour sa figuration dans fahrenheit 451 de Truffaut en 1966.

En revanche, sa prestation dans « chaque soir à 9 heures », est très remarquée dans un rôle de gamin bègue et perturbé. Ce film très dur (rediffusé autrefois au cinéma de minuit) suit le parcours morbide de frères et sœurs élevés par leur maman dans un fanatisme religieux. Quand celle-ci meurt, ils l’enterrent et continuent leur vie comme si de rien n’était, en faisant croire qu’elle est malade et alitée ;
En 1968, le petit Marc est choisi parmi 250 enfants pour incarner Oliver Twist dans l’adaptation musicale du célèbre roman de Dickens. Bénéficiant d’un énorme budget, il s’agit indéniablement d’une réussite : merveilleuses chansons de Lionel Bart, réalisation calibrée au millimètre par le grand Carol Reed, reconstitution étonnante d’un Londres misérable, grandioses numéros musicaux. On comprend sans mal pourquoi le film reçut 5 oscars cette année là dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Outre l’impayable Ron Moody en avare directeur de l’école des voleurs, et Oliver Reed grandiose, le petit Mark est l’innocence et la fragilité incarnée. Sa timide frimousse blonde et sa façon hésitante de murmurer « where is love » (en réalité, il est doublé par une chanteuse adulte) vont faire de lui une immense vedette du jour au lendemain. La scène préférée du gamin demeure le somptueux who will buy, où il voit de sa fenêtre la ville entière s’éveiller dans un gigantesque ballet.
Son film suivant Run wild run free (1969), inédit en France, et son interprétation d’un garçonnet muet et autiste lui valent d’excellentes critiques.

En 1971, Mark Lester retrouve le jeune Jack Wild qui tenait le rôle d’un gamin déluré et débrouillard dans Oliver ! pour le film mélody. Ecrit par Alan Parker, le futur réalisateur de midnight express, c’est un joli film plein de poésie et de tendresse sur des amours enfantines (avec deux gamins qui élaborent un plan pour se marier sur le champ), avec une BO composée par les Bee Gees. Il rencontrera un succès inattendu au Japon et en Amérique du Sud.

En 1971, Mark Lester joue dans Black beauty, la vie sur célèbre étalon noir, que les gens de ma génération connaissent sûrement par le biais de l’adaptation télévisée diffusée dans les visiteurs du mercredi.

Après ce succès, Mark Lester devenu adolescent a plus de mal pour trouver des rôles intéressant. Sans doute afin de prouver sa versatilité et d’effacer l’image du garçonnet naïf et angélique d’Oliver ! Il accepte de jouer le rôle d’un ado sadique de 12 ans dans adolicia malicia, qui dans une hallucination, partage le lit de la belle Britt Ekland (22 ans). Autant dire que le film provoquera un électrochoc dans le cœur des fans du jeune gamin.

Ne craignant pas de semer la controverse, le jeune acteur montre ses fesses dans le « salopard »(1972) film assez violent et le reste dans « la première fois sur l’herbe » (1974) film italien sur la découverte du sexe par un adolescent. On ne peut que s’interroger sur les choix du jeune comédien pas forcément judicieux.

En 1977 sort son dernier film : le prince et le pauvre de Richard Fleisher, film d’aventures destiné à renouer avec son public familial bien malmené par ses précédentes prestations. Une distribution d’exception encadre le jeune comédien (Charlton Heston, Rex Harrison, Oliver Reed, Raquel Welsh).
Ne trouvant plus du tout d’emploi au cinéma, le héros d’Oliver va alors claquer toute sa fortune à laquelle il peut avoir accès depuis sa majorité pour mener une vie dissolue, copieusement arrosée d’alcool et saupoudrée de cocaïne, en multipliant les conquêtes féminines. Finalement, après avoir repris ses esprits, Mark Lester retournera sur les bancs du lycée afin d’obtenir un diplôme d’ostéopathe et d’acuponcteur. Depuis ; il a ouvert sa propre clinique à Gloucester. Aux utilisateurs d’internet, il recommande de faire une pose de 2 minutes après chaque demi-heure devant l’ordi pour reposer son dos, COMPRIS ?

Si Mark Lester n’est plus dans le show business, il est un des meilleurs amis du chanteur Michael Jackson depuis plus de 30 ans. Ce dernier qui l’avait adoré dans Oliver ! a tout fait pour le rencontrer. Il a passé les fêtes de Noël chez lui en 2004 au ranch de Neverland et l’a ardemment défendu lors des campagnes de presse et procédures dont la star de la pop a fait l’objet pour pédophilie.
D'aucun prétendent qu'il serait le père biologique de la fille du roi de la pop. Après avoir connu quelques soucis matrimoniaux causés par son alcoolisme, l’ex vedette-enfant, papa de 4 enfants dont une fille prénommée Olivia, reprend le chemin des studios de cinéma. Il sera la vedette principale de 1066, film sur la crise de succession qu’a connue l’Angleterre à la mort du roi Edouard le confesseur. Le film est en cours de tournage ? Rétabliera t’il Mark Lester dans la cour des stars ? En tous les cas, pour les passionnés de comédies musicales, il restera toujours le petit orphelin d’Oliver !

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