
Roublard et rigolard, Georges Milton connut une formidable popularité auprès du grand public au début du parlant. Des films faciles où le facétieux petit comédien réussissait toujours à faire fortune grâce à son incroyable culot et son sens de la répartie. Longtemps ces productions furent houspillées par les critiques qui le jugeaient populistes et primaires. Pourtant quand on les revoit aujourd’hui, on est surpris par la verve et l’humour de celui qu’on surnommait « Bouboule ». Quand à ses chansons comiques, beaucoup ont franchi les décennies (je lui fais pouet pouet, la fille du bédouin, c’est pour mon papa) sans que les auditeurs les associent d’ailleurs à leur créateur.
Milton, né en 1888 dans la coquette commune de Puteaux a fait ses débuts au casino de la ville, en tant que chanteur comique en imitant Dranem, l‘incontournable


Produit par la Gaumont, la bande à Bouboule est un énorme succès, tout comme nu comme un ver qui bénéficie d’une musique de Maurice Yvain et d’un livret signé Jean Boyer, en passe de devenir le réalisateur spécialiste des comédies musicales à la française. Dans chaque film, Milton case quelques chansons un peu graveleuses, qui font la joie des grands et des petits (qui pourtant ne doivent pas comprendre tous les sous-entendus). Il enregistre des monuments de finesse comme c’est pour mon papa (faire pisser Mirza, c’est pour mon papa), ou si tous les cocus avaient des clochettes. Avec toutes ces gaudrioles et cet esprit très gaulois on aurait pu s’attendre à ce que l a gloire de Milton se limite à la France, or la plupart de ses films furent exportés à l’étranger. Doublé en allemand, la bande à Bouboule triompha à Berlin.
En 1932, Georges Milton triomphe sur scène dans la version française de la célèbre opérette l’auberge du cheval blanc, et à l’écran dans l’adaptation filmée du Comte obligado (sorti en DVD depuis peu) avec l‘espiègle Paulette

On peut se demander si , malgré son succès populaire, l’acteur n’a pas été blessé par les critiques

Dans la seconde partie des années 30, le cher Bouboule va connaître un déclin certain, éclipsé par de nouveaux comiques et par des comédies beaucoup plus sophistiquées venues des USA. Pendant l’occupation, il enregistre encore quelques disques où il vante la débrouillardise des français et le marché noir.
A la libération, l’artiste au visage hilare connaît un regain de succès et sa chanson « ploum ploum tralala » est sur toutes les lèvres. Rien de tel que sa bonne bouille et sa gouaille pour remonter le moral d’un public sortant tout juste de la guerre. En 1948, Milton prend sa retraite et rédige ses mémoires.
Installé à A

En 1967, le charmant papy fait une apparition remarquée dans un show TV présenté par Michel Drucker. Multipliant les clins d’oeils, le brave petit bonhomme est chaudement applaudi par un public d’ados et déclare être à l’origine de la vague yéyé avant d’entonner c’est pour ma pap avec un petit pense-bête à la main. Milton est décédé en 1970.
Comme aucun de ses films n’est vraiment intéressant sur un plan strictement artistique et cinématographique, ils ne sont plus jamais rediffusés. Dommage, car c’est un témoignage des belles heures du caf conc' et d'un certain humour à la française.