
Né en 1907, Farid El Atrache est issu d’une lignée de princes druzes d’origine libanaise exilés dans le sud de la Syrie qui se sont opposés successivement à l’occupation ottomane puis française. Lors de la rebélion des leaders druzes contre les français (1923), le jeune garçon est obligé de se sauver en Egypte, sous un nom d’emprunt, avec sa mère, son frère et sa sœur , pour éviter tout risque de représailles.
Sans le sou, la famille va connaître des moments pénibles et sa maman est obligée de chanter dans les cabarets pour survivre. Très attiré par la musique, Farid

Le

En 1946, Farid rencontre la talentueuse danseuse Samia Gamal qui devient sa compagne, et probablem

L’alchimie entre les deux artistes est évidente et les quelques films que le couple enchaîne figurent encore parmi les plus célèbres de l’histoire du musical arabe. Madame la diablesse (1948), peut être le meilleur du lot, propose une histoire amusante (un chanteur épris d’une jolie sorcière sortie d’une lampe merveilleuse) avec de jolis numéros musicaux.
J’ai aussi un faible pour ne le dites à personne , autre grand classique du genre, rehaussé par la présence de la facétieuse Nour el Hoda aux cotés du couple. Certes, Farid n’est pas un très bon comédien, et il a tendance à multiplier les grimaces pour exprimer ses sentiments ou faire rire le public, mais sa voix est si divine et les chorégraphies de Miss Gamal si splendides, que cela n’a guère d’

En 1952, le couple le plus célèbre d’Egypte se sépare avec beaucoup d’amertume. On murmure alors que Samia qui veut tenter sa chance à Hollywood s’est beaucoup rapprochée du roi Farouk. De son coté, Farid n’est pas insensible au charme de la jeune Narriman, la nouvelle épouse du roi. On n’est pas loin du scandale. La même année, le roi est renversé par un coup d’Etat et contraint à l’exil. Malgré le rapide divorce de la reine, la romance de Farid et de Narriman tournera court, notamment pour des raisons familiales et politiques, laissant le chanteur profondément amer et dépressif.
Sans Samia, Farid poursuit sa carrière au cinéma avec toujours autant de succès, cependant peu à peu il abandonne les comédies légères pour aborder des sujets toujours plus mélancoliques dans lesquels il incarne toujours le jeune homme solitaire torturé par des problèmes sentimentaux. Dans la chanson immortelle (1952),son film le plus connu , il s’éprend de la timide Fatem Hamama, très malade (et chante gémir gemel, un de ses plus mémorables tubes). Dans le roman de mon

Dans adieu à ton amour (1956), il est condamné par une maladie incurable et s’écroule mort à la fin de son tour de chant, alors que dans serment d’amour (1955) piteux remake de la dame aux camélias, c’est sa bien-aimée qui meurt de la tuberculose. Qu’on se rassure, le plus souvent les mélos se ponctuaient par un happy-end, car c’est-ce que le public populaire demandait, et que ces films n’avaient d’autres ambitions que de se plier aux envies des spectateurs. Comme l’a confié le grand Youssef Chahine qui dirigea deux fois Farid (adieu à ton amour, c’est toi mon amour), il n’était pas question de faire de l’art, mais de satisfaire le public le plus large.
Ce qui ne veut aucunement dire que ces films étaient tous mauvais, même si les critiques occidentaux ont rarement été tendres avec eux (notamment lors de la sortie de ses films sur les écrans français dans les années 60-70 pour la clientèle maghrébine

En tous les cas, dans les mélos comme dans les film plus légers, c’est surtout sa façon de chanter qui séduit, ou même bouleverse. Musicalement, l’artiste n’hésite pas à explorer de nouveaux terrains en s’inspirant aussi bien des tangos argentins que des flamencos (il fut aussi comparé à Tino Rossi, ce qui est bien réducteur), tout en saluant les différents pays arabes, comm

Farid El Attache va poursuivre sa carrière à l’écran jusqu’à son décès en 1974, parfois dans des rôles de jeune premier dont il a passé l’âge depuis longtemps . Il souffre de problèmes cardiaques et sa passion pour le jeu a fini par avoir raison de l’immense fortune qu’il avait amassé avec ses films et ses disques.
Amaigri et épuisé par ses problèmes cardiaques, l’acteur chante encore dans les mélodies de ma vie (1975) qui sortira après sa mort. Avec ses tempes grises, ses grands yeux luisant maquillés et son air fatigué, il présente une petite ressemblance avec Georges Guétary des dernières années.
Le prestige de Farid El attache demeure intact 35 ans après son décès dans les pays arabes, et beaucoup de chanteurs des jeunes générations de Khaled à Ishtar reprennent ses standards en hommage. La sortie de plusieurs DVD permet aussi d’apprécier ses films enfin dans des conditions optimales (autrefois, on ne trouvait que des vidéos p
